En milieu de travail, les consommations de substances psychoactives peuvent mettre en danger la santé et la sécurité des salariés. Elles ont des conséquences importantes sur la survenue d’accidents graves en mer. C’est un facteur retrouvé régulièrement dans les causes d’accidents corporels ou mortels lors du travail maritime.
En effet, ces substances affectent les activités sensorielles, la vigilance ou encore la réactivité. Elles peuvent engendrer une modification de la perception du risque et mettre en danger le salarié lui-même ou les autres marins à bord.
Malgré la baisse de l'accidentologie ces 10 dernières années 1 marin sur 14 est victime en moyenne chaque année d’un accident du travail maritime et les accidents mortels au cours du travail étaient trois fois plus importants que dans le secteur de la construction. (chiffres 2024)
Les 449 événements (dont 29 très graves) recensés par le bureau d’enquête sur les événements de mer (BEAmer) en 2024 ont fait 14 victimes. 1/4 de ces évènements sont des accidents du travail maritime.
Ces derniers, ainsi que les événements de mer sont souvent liés à un défaut de vigilance. Il est donc important d’être à 100 % de ses possibilités et d’avoir toute sa vigilance pour exercer le métier de marin.
Dans des métiers difficiles, sur des lieux de travail atypiques ou la prise de risque est omniprésente, les marins se doivent d’être constamment en état (physique et physiologique) d’assurer leur travail et tous les actes de sécurité. En effet, le travail de quart et la veille requièrent un haut niveau de vigilance.
Les normes médicales sont consultables sur le site internet du Ministère chargé de la mer et de la pêche.
Tout état de santé susceptible de mettre le marin dans l’impossibilité d’accomplir normalement ses fonctions à bord, en particulier lié à la prise de drogue et/ou d’alcool et de certains médicaments psychoactifs, constitue une contre-indication médicale à la navigation maritime. Cet état peut entrainer une inaptitude temporaire ou définitive à la profession de marin et en particulier à la conduite des navires et aux postes de sécurité. Le Service de santé des gens de mer réalise les visites médicales des gens de mer. Lors de la visite, un test urinaire peut être pratiqué pour rechercher l’usage de drogues.
Toute prise de médicaments, y compris psychoactifs doit être signalée au médecin des gens de mer lors des visites d’aptitude.
La consommation de substances psychoactives peut entrainer une inaptitude temporaire ou définitive à la profession de marin et en particulier à la conduite des navires et aux postes de sécurité.
À bord du navire, l’ivresse manifeste ou le fait de se trouver, dans l’exercice de ses fonctions à bord d’un navire, sous l’emprise d’un état alcoolique caractérisé est passible de sanctions pénales et disciplinaires, tel que, pour les marins, le passage en conseil de discipline. La constatation de ces faits répréhensibles par le capitaine doit faire l’objet d’un rapport de mer adressé aux affaires maritimes lors du retour à terre.
Tous les gens de mer embarqués ne devront pas présenter une concentration d’alcool dans le sang égale ou supérieure à 0,50 gramme par litre ou une concentration d’alcool dans l’air expiré égale ou supérieure à 0,25 milligramme par litre.
Pour leur part, les drogues sont des substances illicites dont l’usage est interdit et sanctionné par le code pénal. La détention de stupéfiants peut avoir des conséquences judiciaires dramatiques pour le marin navigant à l’étranger car les lois diffèrent selon les pays. Plusieurs marins ont été emprisonnés pour ces raisons lors d’escales dans certains pays.
Face à un trouble anormal du comportement, le capitaine ou son second peuvent procéder à un contrôle d’alcoolémie (alcool) ou à un test salivaire (drogues) chez un marin pendant l’exercice de ses fonctions. Ces contrôles ne sont possible que s’ils sont inscrits au règlement intérieur.